Formation des maîtres : un projet dangereux pour l'école et nos métiers
Télécharger le projet d'arrêté définissant le cahier des charges de la formation
Télécharger la circulaire de 1997 sur la mission des enseignants
Communiqué de Presse
Réforme des IUFM : exclusion définitive des organisations syndicales
Le ministère de lÉducation Nationale
vient de créer une commission nationale dévaluation de la
formation des maîtres. Il sagit dune instance qui garantirait
la cohérence nationale de la réforme des IUFM. Cette commission
montre les limites dun cahier des charges qui ne cadre pas la formation
des maîtres. Pour que lécole dispense un enseignement de
qualité sur lensemble du territoire, il faut définir, pour
ses personnels, des contenus de formation, des horaires, des modalités
dévaluation nationaux, et mettre en place une commission qui donnera
des recommandations ! Le SNES porte ce projet ambitieux.
De plus, cette commission est composée par des personnes désignées
au titre de leur « expertise ». Ainsi, les personnels enseignants
du second degré ne seront pas représentés par les organisations
syndicales auxquelles ils accordent leur confiance et nont aucune garantie
que les deux professeurs désignés porteront un avis partagé
par la profession. Les formateurs ne sont, quant à eux, pas du tout représentés
: aucun dentre eux nest-il expert dune formation quils
mettent en uvre au quotidien ?
Tout cela fait suite à léviction des
organisations syndicales des personnels du second degré des conseils
décole des IUFM intégrés. Le dialogue social suppose
une toute autre méthode. Les représentants des enseignants doivent
être issus des organisations syndicales reconnues par le vote des personnels.
Il sagit dune exigence démocratique. Le SNES entend prendre
toute sa part dans le suivi de lintégration.
Le prochain ministre devra donc revoir cette copie et restaurer un dialogue social mis à mal ces dernières années.
Paris, le 16 mai 2007
Article
paru dans l'US Mag du mois de décembre 2006.
RÉFORME DE L’IUFM ROBIEN
TUE LE MÉTIER
Le 14 décembre dernier, le cahier des charges de la formation des maîtres
et l’arrêté qu’il accompagne, ont été
soumis à l’avis du Conseil Supérieur de l’Éducation.
L e SNES a dénoncé la philosophie qui sous-tend ce texte depuis
sa présentation aux syndicats le 27 novembre dernier. La commande du
ministère était claire : développer la polyvalence (notamment
pour diminuer les coûts) et adapter la formation des enseignants au socle
commun des connaissances. Ce dossier, traité en trois courtes semaines,
a tout de même évolué – par exemple, les CPE sont
réapparus dans le texte – mais le métier auquel prépare
la formation décrite est celui d’un exécutant de directives
ou d’un répétiteur de « bonnes pratiques ».
Incohérence
Si le ministère prévoit d’inscrire la formation
dans la durée, d’une pré-professionnalisation aux pre- mières
années de titulaires, c’est au prix de sa cohérence. Il
ins- taure une coupure entre forma- tion théorique et pratique, entre
formation disciplinaire et profes- sionnelle, il déséquilibre
la for- mation en augmentant d’un tiers le temps annuel de présence
devant élèves – le ministère a « omis »
de définir le temps hebdomadaire de service des stagiaires, prônant
dès lors la transmission de pratiques qui réussissent.
Missions
Les missions des enseignants, mises en avant dans le texte, sont
très limitées (éducation, instruc- tion et orientation)
et empiètent sur celles d’autres personnels. Pour privilégier
un pilotage par l’évaluation, un référentiel de compétences
est défini. Nos métiers sont pensés a priori, comme succession
de connais- sances, capacités et attitudes. De telles compétences
se situent à la marge de nos pratiques, facile- ment mesurables, elles
n’en constituent pas le cœur et n’en restituent pas la complexité.
La prédominance des stages est très préoccupante
: stage d’ob- servation obligatoire pour l’ins- cription
aux concours, stage en entreprise obligatoire pour la titu-
larisation, etc. Cela sous-entend que tout peut s’apprendre
en regardant. De plus les établisse- ments deviennent les lieux quasi-
exclusifs de la formation et de l’évaluation
des stagiaires…
Universités
Les modalités de mise en œuvre sont laissées aux
universités : elles décideront si le mémoire, si des cours
en amphi ou en TD sont opératoires.
Par voie de consé- quence, les universités auront
la main sur la qualification des enseignants.
La formation des enseignants vaudra un demi-master à
un endroit contre un quart ailleurs… Les
IUFM – écoles intégrées aux universités
– seront ainsi les seules composantes des universités à
ne pas délivrer de diplôme !
Pour finir, il est prévu d’affecter les lauréats, dès
le stage et pour trois ans au moins, dans le même établissement.
Cela pose, notam- ment, le problème du mouvement national et celui de
la carte des formations.
Le CSE, comme la FSU, a voté contre le texte. Mais le ministère
persiste. De Robien a mis en œuvre toutes les dérives portées
par la loi Fillon ; il est celui qui aura tué les métiers de l’ensei-
gnement et de l’éducation, quelle gloire !
Les
militants du secteur FIC-EDM :
Formation Initiale et Continue des Personnels - Entrée dans
le Métier