Formation des maîtres : un projet dangereux pour l'école et nos métiers

L'analyse du SNES.

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Communiqués de presse

Historique du dossier

 

 

Communiqué de Presse

Réforme des IUFM : exclusion définitive des organisations syndicales

Le ministère de l’Éducation Nationale vient de créer une commission nationale d’évaluation de la formation des maîtres. Il s’agit d’une instance qui garantirait la cohérence nationale de la réforme des IUFM. Cette commission montre les limites d’un cahier des charges qui ne cadre pas la formation des maîtres. Pour que l’école dispense un enseignement de qualité sur l’ensemble du territoire, il faut définir, pour ses personnels, des contenus de formation, des horaires, des modalités d’évaluation nationaux, et mettre en place une commission qui donnera des recommandations ! Le SNES porte ce projet ambitieux.
De plus, cette commission est composée par des personnes désignées au titre de leur « expertise ». Ainsi, les personnels enseignants du second degré ne seront pas représentés par les organisations syndicales auxquelles ils accordent leur confiance et n’ont aucune garantie que les deux professeurs désignés porteront un avis partagé par la profession. Les formateurs ne sont, quant à eux, pas du tout représentés : aucun d’entre eux n’est-il expert d’une formation qu’ils mettent en œuvre au quotidien ?
Tout cela fait suite à l’éviction des organisations syndicales des personnels du second degré des conseils d’école des IUFM intégrés. Le dialogue social suppose une toute autre méthode. Les représentants des enseignants doivent être issus des organisations syndicales reconnues par le vote des personnels. Il s’agit d’une exigence démocratique. Le SNES entend prendre toute sa part dans le suivi de l’intégration.

Le prochain ministre devra donc revoir cette copie et restaurer un dialogue social mis à mal ces dernières années.

Paris, le 16 mai 2007


Article paru dans l'US Mag du mois de décembre 2006.

RÉFORME DE L’IUFM ROBIEN TUE LE MÉTIER

Le 14 décembre dernier, le cahier des charges de la formation des maîtres et l’arrêté qu’il accompagne, ont été soumis à l’avis du Conseil Supérieur de l’Éducation.


L e SNES a dénoncé la philosophie qui sous-tend ce texte depuis sa présentation aux syndicats le 27 novembre dernier. La commande du ministère était claire : développer la polyvalence (notamment pour diminuer les coûts) et adapter la formation des enseignants au socle commun des connaissances. Ce dossier, traité en trois courtes semaines, a tout de même évolué – par exemple, les CPE sont réapparus dans le texte – mais le métier auquel prépare la formation décrite est celui d’un exécutant de directives ou d’un répétiteur de « bonnes pratiques ».

Incohérence

 Si le ministère prévoit d’inscrire la formation dans la durée, d’une pré-professionnalisation aux pre- mières années de titulaires, c’est au prix de sa cohérence. Il ins- taure une coupure entre forma- tion théorique et pratique, entre formation disciplinaire et profes- sionnelle, il déséquilibre la for- mation en augmentant d’un tiers le temps annuel de présence devant élèves – le ministère a « omis » de définir le temps hebdomadaire de service des stagiaires, prônant dès lors la transmission de pratiques qui réussissent.

Missions

Les missions des enseignants, mises en avant dans le texte, sont très limitées (éducation, instruc- tion et orientation) et empiètent sur celles d’autres personnels. Pour privilégier un pilotage par l’évaluation, un référentiel de compétences est défini. Nos métiers sont pensés a priori, comme succession de connais- sances, capacités et attitudes. De telles compétences se situent à la marge de nos pratiques, facile- ment mesurables, elles n’en constituent pas le cœur et n’en restituent pas la complexité. La prédominance des stages est très  préoccupante :  stage  d’ob- servation obligatoire pour l’ins- cription  aux  concours,  stage  en entreprise obligatoire pour la titu- larisation, etc. Cela sous-entend que  tout  peut  s’apprendre  en regardant. De plus les établisse- ments deviennent les lieux quasi- exclusifs  de  la  formation  et  de l’évaluation des stagiaires…

Universités

Les modalités de mise en œuvre sont laissées aux universités : elles décideront si le mémoire, si des cours  en  amphi  ou  en  TD  sont opératoires.  Par  voie  de  consé- quence, les universités auront la main  sur  la  qualification  des enseignants.  La  formation  des enseignants vaudra un demi-master à  un  endroit  contre  un  quart ailleurs…  Les  IUFM  –  écoles intégrées aux universités – seront ainsi les seules composantes des universités  à  ne  pas  délivrer  de diplôme !
Pour finir, il est prévu d’affecter les lauréats, dès le stage et pour trois ans au moins, dans le même établissement. Cela pose, notam- ment, le problème du mouvement national et celui de la carte des formations.

Le CSE, comme la FSU, a voté contre le texte. Mais le ministère persiste. De Robien a mis en œuvre toutes les dérives portées par la loi Fillon ; il est celui qui aura tué les métiers de l’ensei- gnement et de l’éducation, quelle gloire !


 



Les militants du secteur FIC-EDM :
Formation Initiale et Continue des Personnels - Entrée dans le Métier